Hey ! Ho ! Matelots !scrapbook-1345381_1280

J’inaugure la catégorie « Extraits » (depuis le temps …), et si le site tourne au ralentis (comme moi, d’ailleurs, au vue de mon rythme d’écriture …) je prépare tout de même plusieurs articles !

L’extrait du jours concerne : Projet Pirate.

C’est le seul chapitre que je posterais en entier, car il est très court ! En avant :

   « Le néant avait emporté tous ses sens. La première chose qu’elle sentit fut l’odeur : un étrange mélange de sel, de pourriture et d’autres odeurs peu ragoûtantes. Enfin pas tout à fait. Ce fut la douleur, sourde, irradiant son dos. Elle avait mis un moment à la ressentir, mais elle était là, et s’amplifiait à chaque seconde.

Elle n’était pas debout, ni à genoux, mais allongée sur le dos : elle avait heurté une surface humide et irrégulière. Puis vint l’odeur, un liquide brûlant remontant dans sa gorge. Elle voulut se lever, ou du moins se retourner pour vomir, mais son corps refusa obstinément. Et elle dut se retenir.

Où était-elle ? Elle ne se souvenait de rien, tous était flous. Elle voulut ouvrir les yeux, mais une vive lumière l’assaillit, l’obligeant à les refermer vivement. Se concentrant sur les autres sens qui lui restaient, elle tenta de deviner sur quoi elle reposait. Trop chaud pour être de la roche, trop rugueux pour être un tapis ou une moquette. Le soleil chauffait ses membres, elle avait mal partout, mais surtout à la tête et au dos.

Doucement, son ouï revint : elle entendait le vent, et autre chose de plus régulier, s’accordant avec le discret mouvement du sol. Puis ce fut au tour des voix, par dizaines, indistinctes. Prenant sur elle, elle ouvrit délicatement les yeux, une ombre masquait partiellement la lumière. Se redressant, elle tenta d’inspecter les alentours, mais sa vision restait floue.

Une voix terrible, grondante l’interpella, l’a faisant sursauter : elle ne comprit pas la teneur de la phrase, mais elle n’avait rien d’amicale. Papillonnant des yeux, elle leva les yeux vers l’ombre. À  sa vue, la jeune fille voulut ramper en arrière, mais ses mains s’accrochèrent à une surface rugueuse et son dos heurta un obstacle.

L’homme – si c’en était un – mesurait presque deux mètres, sa longue barbe, qui entourait sa bouche grimaçante, était tressée par endroit et de la fumée émanait de certaines de ses mèches. Ses yeux, tout aussi sombres, lançaient des éclairs. Il portait une chemise et une longue veste sombre, avec par-dessus, six pistolets entre travers de ton torse, répartis par trois et diverses lames, plus ou moins visibles.

Terrible, l’homme fit un pas vers elle et gronda de nouveau un semblant de phrase que la jeune femme peina à comprendre : il lui demandait sûrement qui elle était, ou d’où elle venait. Terrifiée, elle ne sut même pas quoi répondre et déglutit péniblement. Plusieurs hommes derrière rirent. Affolée, elle regarda autour d’elle, à la recherche d’une issue ; c’est alors qu’elle comprit d’où venaient le son étrange et le balancement régulier : elle était sur un bateau. En pleine mer.

L’homme aux pistolets fit mine d’attraper son bras, et elle couina. L’homme se ravisa, un sourire cruel aux lèvres. Un marin l’apostropha, ce à quoi l’homme répondit, froidement, les mains sur ses armes. Se disputaient-ils sa propriété ? Cette idée la terrifia.

L’homme aux pistolets était visiblement le chef, mais les autres ne paraissaient pas d’accord avec ses ordres. L’un deux d’approcha d’elle avec beaucoup de déférence, les yeux brillants il approcha sa main de sa joue et l’effleura avec beaucoup de respect. Surpris, il fit machine arrière, en annonçant quelque chose. Un mélange de stupeur et d’intérêt parcourut l’assemblée, les hommes se regroupèrent autour d’elle, et la regardèrent avec curiosité.

Plusieurs tendirent leurs mains vers la jeune femme, qui tenta de s’éloigner. L’homme la barbe noire tempêta et les marins la laissèrent passer. Il s’agenouilla vers elle et la fixa d’un air dur. Il effleura ses vêtements, plus intrigué par eux que par sa féminité. Il commença à lui parler, mais elle ne comprit pas un traitre mot. Conscient du problème, l’homme recommença, dans une autre langue, de l’espagnol peut-être, ou de l’italien. Mais devant l’absence de réponse, il soupira.

« J-je ne comprends pas… »

L’homme à la barbe noire leva la tête, surpris. Une rumeur parcourut l’équipage. Il lui répondit, dans un français approximatif, et malgré son air effrayant, il ne fit aucun geste violent.

« Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? »

Elle ouvrit la bouche pour répondre, quand quelque chose grésilla. Baissant la tête, elle découvrit une montre étrange, lui évoquant de vague souvenir. Une partie de l’équipage s’éloigna, effrayée. Le capitaine resta et répéta sa question, une lueur d’intérêt dans les prunelles. Elle ouvrit de nouveau la bouche, cependant, la montre grésilla de plus belle, laissant quelques mots s’échapper :

« … Rentrer … Danger … Comment … Où … »

Une décharge parcourut son corps et ses veines se mirent à la brûler, réveillant des souvenirs. Avant que le capitaine n’ait esquissé un geste, elle s’arqua et hurla :

« Non ! Pas encore ! »

Son corps s’embrasait intérieurement, puis l’abîme obscure revint, emportant une nouvelle fois avec elle la douleur. »

© Tous droits réservés.

 

N’hésitez pas à donner votre avis ! Moi, je retourne à mes pirates ! À bientôt !

 

Eyleen Ryden.

sorcière

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